Page 343 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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aux six saisons des Juifs, semblent indiquer qu'il était survenu, pendant le déluge ou en conséquence de
ce cataclysme, de grands changements atmosphériques ou géologiques, et que l'uniformité de la
température des zones ayant été rompue, elle serait remplacée par les saisons et leurs variations
régulières.
Mais, dira-t-on peut-être, ces explications des causes du déluge, ces eaux souterraines, ces eaux
supérieures que vous dites avoir existé autrefois et dont vous cherchez à établir l'existence par quelques
passages difficiles à entendre, sont bien problématiques, et s'il est vrai par exemple que les eaux
supérieures se soient versées sur la terre, que sont-elles devenues maintenant? Sont-elles encore
confondues avec les océans et les mers? Y a-t-il actuellement assez d'eau sur le globe pour qu'elle ait
jamais pu couvrir toute la terre habitable?
Les considérations suivantes nous semblent répondre d'une manière satisfaisante à cette question.
Ajoutons que plusieurs sont textuellement empruntées au Manuel de géologie de De la Bêche, livre écrit
uniquement en vue de la science et sans prétentions théologiques ou religieuses. Elles auront donc
d'autant plus de poids qu'elles se recommandent par leur parfaite impartialité.
«La proportion actuelle de la surface aqueuse du globe à la surface sèche est environ de trois à un; l'on
peut donc dire que près des trois quarts de notre globe sont couverts d'eau; la superficie de l'Océan
Pacifique surpasse même à elle seule l'ensemble de toutes les terres connues. Quoique d'après l'idée que
nous nous en formons ordinairement, nous disions que certaines parties de la terre sont fort élevées au-
dessus du niveau de la mer, cette élévation se réduit en réalité à fort peu de chose, si on la considère par
rapport au diamètre du globe.» L'épaisseur du globe à l'équateur est de 12,753,702 mètres, soit 2,866
lieues géographiques (de 25 au degré ou de 4,450 mètres); le plus haut pic connu, le Chamalari, n'atteint
qu'à 8,518 mètres; les plus hautes cimes des Alpes ne s'élèvent guère à plus de 4,500 mètres; le Mont-
Blanc seul à 4,810 mètres environ, et la moyenne d'élévation de la partie de la croûte terrestre qui est au-
dessus de l'eau, en y comprenant toutes les montagnes, plateaux, plaines et dépressions, ne dépasse
probablement pas 600 mètres, ce qui ferait, seulement 1/21,000e de l'épaisseur du globe.
Les aspérités de la surface du globe sont donc, relativement à son volume, infiniment plus petites que
celles de la peau d'une orange ne le sont relativement à la grosseur de l'orange. Et si l'on suppose un
globe terrestre de 1m,50 de diamètre, on ne pourra y indiquer le plus haut pic dont on connaisse
l'élévation, (le Chamalari) que par une légère protubérance d'un millimètre; le Mont-Blanc aurait un
demi-millimètre; le Jura et les montagnes plus basses ne pourraient se distinguer des plateaux et des
plaines.
Quant à la profondeur de la mer, autant qu'on peut en juger, la moyenne est de 4 à 5,000 mètres. Pour
faciliter les calculs, et pour ajouter à leur évidence, exagérons dans les deux sens, c'est-à-dire donnons une
plus grande hauteur moyenne aux terres, et une moins grande profondeur moyenne aux mers; en
d'autres termes, supposons plus de terres élevées, et moins d'eau pour les couvrir qu'il n'y en a réellement
dans le sein des mers; il en restera encore pour submerger la terre et tout ce qu'elle contient. Supposant
donc que la hauteur moyenne des continents et des îles soit de 2,225 mètres, et que la profondeur de la
mer soit de 4,000 mètres, puisque les continents n'occupent qu'un quart de la surface du globe, «il est très
facile de se représenter telle position relative de la terre et des eaux, que la terre ferme se trouve de fait
occuper le fond des mers, et que de toutes parts la surface de notre globe ne présente à l'extérieur qu'une
couche d'eau.» Dans cette supposition, la couche de terre étendue au fond des mers aurait une épaisseur
de 1,668m,75, et les eaux qui la recouvriraient en auraient le double, c'est-à-dire 3,337m,50. «Nous ne
devons considérer les terres ou continents, que comme une certaine partie de la surface inégale du globe
qui se trouve temporairement élevée au-dessus du niveau des mers, sous lesquelles elle pourrait de
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