Page 347 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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entendre par le mot sur, Genèse 8:4, que l'arche toucha effectivement les rochers de l'Ararat, on peut faire
remarquer que le verset 5 du chapitre 8, ne parle pas (comme 7:19) de toutes les plus hautes montagnes
qui étaient sous tous les cieux, mais simplement des montagnes, et cela après avoir fixé la position de
l'arche; l'on pourrait donc l'entendre des montagnes de la contrée environnante; effectivement elles sont
bien plus basses que l'Ararat, dont le double pic, toujours couvert de neiges éblouissantes, s'élève comme
un géant au milieu d'une vaste plaine et domine toutes les hauteurs qui l'entourent. Mais voici une
troisième solution qui nous paraît être la véritable.
Si au lieu de chercher l'Ararat dans le système des monts appartenant au Caucase occidental, on le
cherche dans le Caucase indien, l'Immaüs des anciens, qui comprenait l'Himalaya et le Hindou-Koush,
nous arriverons à des résultats plus satisfaisants et qui concorderont mieux avec le récit biblique, et avec
les traditions des plus anciens peuples. Cette idée, proposée il y a plus de deux siècles et demi par sir
Walther Raleigh, adoptée et soutenue depuis lors par Shuckford, Kirby et quelques autres savants, est
aussi celle qui paraît la plus naturelle. Nous ne connaissons pas, il est vrai, de pic ou de cime appartenant
à ces chaînes qui porte le nom d'Ararat, mais si nous remarquons, d'une part, que ces pays sont encore
fort peu connus des Européens et, de l'autre, que les noms des lieux ont souvent changé, nous ne nous
étonnerons pas que celui de la montagne sur laquelle descendit l'arche, ait pu se perdre dans les siècles
suivants. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après le déluge, les premiers hommes descendirent bientôt des
montagnes dans les régions plus basses, étant chassés par le froid qui augmentait sur les terres élevées à
mesure que les eaux s'abaissaient ou que les continents surgissaient du sein des mers; et qu'après avoir
cheminé, pendant plusieurs années, d'orient en occident, ils arrivèrent dans le pays de Sinhar où ils
bâtirent Babel. Or, s'ils étaient venus de l'Arménie, ils auraient cheminé du nord au sud, ou même au sud-
sud-ouest, ce qui est tout à fait contraire à l'expression mikkedem, employée Genèse 11:2.
La direction de l'émigration des premiers hommes, indiquée dans le passage que nous venons de citer,
s'accorde d'une manière remarquable avec la tradition du Zend Avesta sur les premiers établissements
des nations sur la terre. Dans le 1er Fargard du Vendidat, Ormuzd raconte à Zoroastre qu'il avait créé un
lieu de délices, nommé Eerieene-Veedjo (confondant l'habitation d'Adam avant la chute, avec celle de
Noé après le déluge): là dessus Ahriman, l'esprit du mal, crée l'hiver qui chasse les premiers hommes, et
les contraint à former d'autres établissements; Balkh, Nesa, et Meru en Khorassan, al Soghd, Caboul,
Hérat sont nommés successivement, et toutes ces villes sont aux environs de la haute chaîne de
montagnes qui lie le système de l'Himalaya avec les chaînes de l'Asie centrale. (Heeren, Id. ub. die Politik,
etc.)
Les traditions indiennes et chinoises placent aussi dans cette partie de l'Asie le berceau de l'espèce
humaine (Rougemont, Fragments, etc. Kirby, Bridgewater Treatise, I, p. 45. 46, etc.). Un fragment de
poésie sanscrite, traduit il y a quatre années dans le Quarterly-Review, nous représente Menou (le Noé
indien) et les sept personnes qui avaient avec lui échappé au déluge, comme seuls dans le monde sur un
grand vaisseau conduit par un poisson. Après avoir vogué ainsi pendant des années, ils atteignent le plus
haut pic du Himavan (Himalaya) qui paraissait au-dessus des eaux; le poisson dit à Menou d'y attacher
son navire, et de nos jours encore, dit l'auteur sanscrit, ce pic porte le nom de Naubandhana. Les Afghans
croient que l'arche s'arrêta sur le Suffid-Koh, entre Caboul et Peshawur, montagnes couvertes de neiges
éternelles; mais il est probable que ce n'est pas encore là le véritable Ararat.
La grande chaîne de l'Himalaya, qui forme la frontière septentrionale de l'Inde, depuis l'Assam au
Punjab, perd son nom après avoir passé l'Indus au nord-est de Cachemire, et prend celui de Hindou-
Koush; quoique le nom soit donné par extension à toute la chaîne qui s'étend de Gilget à Hérat, ce n'est à
proprement parler que celui d'un pic immense qui s'élève à une hauteur si considérable au-dessus des
monts environnants, que le voyageur Burnes dit qu'il les fait paraître comme des collines insignifiantes
(A. Burnes, gênerai and geographical Memoir on part of central Asia, et, Travels into Bokhara). Et
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