cependant une de ces collines, le Koh-i-Baba, mesuré par Burnes, a 18,000 pieds d'élévation, et le col ou
passage de Kalou sur la route de Caboul à Barnian est déjà à 13,000 pieds. Dans ces montagnes, cette
dernière mesure est bien au-dessous de la limite des neiges dites éternelles; à 10,000 pieds au-dessus de la
mer on y voit des champs labourés que l'on ensemence à la fin de mai pour les moissonner en octobre,
tandis que sur les Alpes on trouve déjà la neige perpétuelle entre 8 et 9 mille pieds (D'après Humboldt, la
limite des neiges sur les Cordillières de Quito (sous l'équateur) est de 14,760 pieds de roi: sur les
Cordillières de Bolivia, elle est même à plus de 16,000 pieds).
— Quant au grand pic auquel appartient proprement le nom de Hindou-Koush, il n'a jamais été mesuré;
mais à en juger par la longueur de son manteau de neige et l'extrême rareté de l'air sur le col qui est à sa
base, il doit être probablement la montagne la plus haute du monde; les hommes les plus robustes des
environs, quoiqu'accoutumés à respirer les couches d'air raréfié qui se trouvent à 10 ou 12 mille pieds au-
dessus de la mer, ont la plus grande peine à traverser ce col; la respiration devient très difficile, l'on
éprouve des vertiges et des vomissements, la plupart des bêtes de somme qui tentent ce passage y
périssent, et même les oiseaux, ne pouvant se soutenir en l'air, sont contraints de marcher et meurent
presque tous sur les neiges. Ce fait est attesté par des historiens anciens aussi bien que par les voyageurs
modernes. Ceux qui se hasardent dans ce périlleux passage évitent toute espèce de bruit, de crainte,
disent-ils, que l'ébranlement ne détermine la chute des avalanches.
Puisque les symptômes éprouvés au passage du Hindou-Koush sont les mêmes que ceux qu'on éprouve
au sommet du Mont-Blanc; que la ligne des neiges sur le revers septentrional de l'Himalaya est, d'après
Maltebrun, à environ 15,600 pieds, tandis que sur les Alpes elle est à 8,220; puisque d'autre part la cime
du Mont-Blanc atteint 14,600 pieds, c'est-à-dire 6,380 pieds au-dessus des neiges éternelles, ce n'est pas
trop que de supposer la même différence sur le Hindou-Koush, entre la limite des neiges et le haut du col,
ce qui donnerait à ce dernier près de 22,000 pieds d'élévation; la pyramide du Hindou-Koush, qui s'élève
au-dessus du col, pourrait donc avoir une hauteur totale, égale ou supérieure aux plus hautes cimes de
l'Himalaya, et l'arche aurait pu s'arrêter sur cet Ararat indien, alors même que l'eau dépassait de
beaucoup la hauteur des plus hautes montagnes qui sont sous tous les cieux.
C'est ce géant entre les montagnes que nous croyons être le véritable Ararat, et si l'on admet cette
supposition, elle explique et la longueur de l'espace de temps qui s'est écoulé entre le moment où l'arche
s'y serait arrêtée, et celui de l'apparition des sommets des montagnes voisines, et le voyage des Noachides
qui venait de l'Orient lorsqu'ils arrivèrent au pays de Scinhar; et la tradition du Vendidat sur les premiers
établissements des hommes; et bien d'autres circonstances encore, entre autres l'application des noms des
rivières paradisiaques à des fleuves post-diluviens, et l'ordre de cette application. En effet, supposant que
Noé et ses enfants eussent abordé sur le Hindou-Koush, les premiers hommes se seront naturellement
répandus sur le haut pays environnant; puis la difficulté d'y voyager les aura engagés à descendre dans
des parties plus accessibles, la diminution de la chaleur leur faisant en même temps rechercher les
plaines. Il n'est point extraordinaire qu'ils aient donné aux grands fleuves qu'ils trouvaient sur leur
chemin, des noms qui leur étaient déjà connus; ils auront nommé le premier Pison; peut-être était-ce le
Caboul ou l'Indus; après avoir exploré une partie des contrées au sud de l'Hindou-Koush jusqu'à l'une de
ces deux rivières, trouvant le pays trop montueux, ils se seront peut-être tournés vers le nord, puis ils
auront donné à l'Oxus le nom de Guihon ou Djihoun, qu'il porte encore de nos jours. De là, continuant
leur chemin d'Orient en Occident, presqu'en ligne droite, de Balkh (ou Bactres) à Babylone, le troisième
grand fleuve qui se trouvait sur leur route est le Tigre, qu'ils auront appelé Hiddékel; le quatrième est
l'Euphrate; c'est le même ordre dans lequel ils sont énumérés dans la Genèse.
Une difficulté reste encore à examiner: d'où provenait la branche d'olivier que la colombe rapporta à
Noé? Les commentateurs qui ont fait aborder l'arche en Arménie ont été embarrassés de trouver que
l'olivier ne croissait point dans ce pays; mais d'autres ont prouvé qu'il y croissait anciennement, lorsque la
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