Page 365 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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demeuraient en dehors des limites de leur pays, parmi les nations étrangères. Il n'y avait, au temps de
Jésus, aucun pays de l'ancien monde dans lequel ne se trouvassent des juifs expatriés, volontairement, ou
par le fait de circonstances indépendantes de leur volonté. On peut grouper en cinq classes les juifs
appartenant à la dispersion.
D'abord ceux de l'Assyrie, de la Médie, de la Babylonie et de la Mésopotamie, demeurant au-delà de
l'Euphrate, descendants des juifs emmenés en captivité et qui avaient refusé, lors de l'édit de Cyrus, de
rentrer dans leur patrie. Ils se comptaient par milliers et vivaient dans le bien-être, continuant d'entretenir
avec Jérusalem des relations religieuses, et fidèles à payer annuellement les tributs, les prémices et les
dîmes.
En second lieu, les Juifs d'Égypte. Alexandre le Grand les établit en grand nombre dans la ville à laquelle
il avait donné son nom, et leur accorda les mêmes droits qu'aux Grecs. Ptolémée Lagus en envoya une
colonie à Cyrène, et fortifia la colonie égyptienne par de nouvelles émigrations de la Judée, 320 avant J.-C.
Ptolémée Philadelphe fit traduire en grec, à grands frais, le code sacré des Hébreux, 284 avant J.-C. Puis
vint le cruel Ptolémée Philopator qui persécuta, par des mesures cruelles, ceux que ses prédécesseurs
avaient favorisés. Sous Ptolémée Philométor (180 avant J.-C.), les juifs d'Égypte sont de nouveau en
grande faveur; ils remplissent des charges à la cour, et sont revêtus des principales dignités militaires;
sous la domination romaine et sous les premiers empereurs, ils jouissent d'une paix entière, et Auguste
les protège à Cyrène contre la malveillance des populations grecques. Ils ont de magnifiques synagogues,
et occupent à eux seuls presque les trois cinquièmes d'Alexandrie; leurs rapports avec la métropole juive
ne sont pas interrompus quoiqu'ils aient à Jérusalem un culte à part, de même que les Cyrénéens, Actes
6:9; ils continuent de payer le tribut pour le temple. Leur chef temporel et le juge de leurs différends est
un ethnarque, assisté d'un conseil, espèce de sanhédrin.
En troisième lieu viennent les Juifs de la Syrie: ils avaient émigré sous Séleucus Nicator, et par lui, avaient
obtenu à Antioche et ailleurs des privilèges égaux à ceux des Macédoniens. Les rois suivants, à
l'exception d'Antiochus Épiphanes, leur furent également favorables, et les Juifs furent libres jusque dans
le prosélytisme: cependant le peuple les haïssait, et cette haine longtemps comprimée éclata sous Néron,
et plus encore sous Vespasien. Titus leur rendit le repos. C'est de Syrie qu'ils prirent le chemin de l'Asie
Mineure, 1 Pierre 1:1; ils obtinrent la bourgeoisie en Ionie.
Quatrièmement, la dispersion parmi les Grecs, Jean 7:35. De l'Asie Mineure, un grand nombre de Juifs se
rendirent en Grèce et en Macédoine, où ils eurent la permission d'établir, dans les principales villes et
dans les ports les plus commerçants, des synagogues et des maisons de prières, Actes 16-20.
Cinquièmement, enfin, les Juifs de Rome et d'Italie; plusieurs étaient esclaves, d'autres étaient venus s'y
établir librement et en vue de spéculations commerciales; ils étaient généralement riches, et occupaient
tout un quartier au-delà du Tibre: leur prosélytisme n'avait pas été sans fruit. Ils furent chassés de Rome
sous Tibère et sous Claude César. Rome leur fut longtemps fatale, et les murailles du Goïto ne sont
tombées que sous le souffle du dix-neuvième siècle.
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DIVINATION, Devins.
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Désireux de connaître, ambitieux d'avenir, supportant avec impatience un corps qui le retient à la terre et
au moment présent, qui le gêne, qui le rapetisse, l'homme qui par sa nature se précipite vers les choses
qui étaient le privilège de celui qui n'avait pas péché, a dans tous les temps cherché à se soustraire à la
matière, à s'émanciper du corps, à sonder l'avenir, à voir dans les ténèbres, à marcher sûrement dans
l'incertitude, à découvrir ce qui lui est caché. De là, ces efforts inouïs, gigantesques; ces recherches de tous
les temps, cet amour du merveilleux, cette croyance à la divination, à la magie; travaux de jongleurs,
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