Page 366 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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travaux de chimistes, travaux de rêveurs; imposteurs, mystiques, oracles, prophètes, charmes,
enchanteurs et devins: de là cette passion des hommes pour ce qui paraît les faire avancer dans les
sciences occultes, espèce de succès chez les uns, complaisance à croire chez les autres.
Sans s'arrêter à la question dogmatique de savoir si l'homme peut, en dehors de l'adresse, de la physique
et de la chimie, obtenir des résultats merveilleux; sans entrer dans un examen quelconque relatif aux
moyens par lesquels l'homme peut arriver au surnaturel, s'il le peut par lui-même, ou par des forces
latentes qu'il développe, ou enfin par l'intervention des esprits qui sont dans l'air, bons ou mauvais; sans
même approfondir tout ce qu'il peut y avoir de vrai dans certains faits que rapporte l'histoire, ou que
l'expérience vient chaque jour démontrer de nouveau contre l'esprit fort moderne, on doit cependant
convenir de certains faits que nous nous bornons à enregistrer, et qui sont de nature à jeter du jour en les
simplifiant, sur les questions passablement graves, malgré qu'on en ait, qui viennent d'être posées.
On avoue généralement que toutes les croyances populaires, quelles qu'elles soient, exagérées ou
dénaturées, reposent sur un fondement vrai: en les dépouillant de leur entourage, de leurs adjonctions, de
leur écorce, on arrive à un noyau substantiel, solide, historique; or, de toutes les croyances populaires, la
plus invétérée, la plus entêtée, c'est la foi aux sorciers, à la magie, à la divination: ne serait-ce absolument
qu'une chimère?
Chacun croit aux pressentiments; chacun en a, chacun s'y fie, même sans le vouloir: c'est là une espèce de
divination, générale sans doute, mais sûre.
Niera-t-on que les songes ne soient un degré de pressentiment plus avancé que le pressentiment de la
veille? «Le Dieu Fort, dit Élihu à Job (33:14-15), parle par des songes, par des visions de nuit, quand un
profond sommeil tombe sur les hommes et lorsqu'ils dorment dans leur lit; alors il ouvre l'oreille aux
hommes, et scelle leur instruction.
Le magnétisme avec ses merveilles, si longtemps réfuté par de l'esprit et des plaisanteries, n'en est pas
moins acquis maintenant à la science comme un fait; ceux qui en doutent appartiennent à la classe la
moins éclairée, et ceux qui s'en sont occupés ont vu et vérifié des prodiges que tout l'art et le génie de
l'homme ne sauraient accomplir; ces prodiges touchent par plusieurs points à la divination.
Enfin, une considération tout à fait générale, mais qui ne laisse pas d'avoir son application dans le cas
particulier, c'est qu'une réaction va toujours beaucoup plus loin qu'elle ne doit et qu'elle ne veut aller,
comme celui qui veut éviter le précipice tombe sur le rocher de la montagne; c'est plus sûr, mais ce n'est
pas toujours sans quelques inconvénients. Longtemps on a trop cru aux merveilles des arts occultes et de
la divination; pour un fait effectif, le charlatanisme en a forgé des milliers de faux, de mensongers, de
stupides, et, pour le dire en passant, les clergés de toutes les sectes n'y ont pas mal nui dans le moyen âge,
jusqu'à l'illustre siècle de Léon X: quand une fois on a voulu rompre avec ces fables, on a tout rejeté, le
bon et le mauvais, le vrai et le faux, parce qu'on se souciait peu de la chance, même infiniment petite,
d'être abusé de nouveau. Le pays où les réactions se font toujours le moins vivement ressentir,
l'Allemagne a su se tenir beaucoup plus que d'autres peuples dans un sage milieu, quoiqu'on y trouve
aussi l'un et l'autre extrême représentés, notamment celui de l'imagination.
Ces choses étant dites, il ne sera pas nécessaire de les rappeler à propos de chaque cas spécial, et nous
raconterons les croyances de l'Orient sans penser devoir les critiquer à chaque fois, sans les donner pour
vraies, sans les rejeter toujours absolument comme fausses. Chez les Israélites, d'ailleurs, il faudra
toujours distinguer les révélations divines, et les moyens illicites par lesquels ils pouvaient essayer de
satisfaire leur curiosité ou leur intérêt particulier.
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