Page 405 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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contrefaire les miracles de Moïse et d'Aaron. Nous ne prétendons pas à la même sagacité. Tout ce que
nous savons, c'est que l'Écriture prend les enchanteurs au sérieux. Le Pentateuque déjà renferme des
directions positives contre ceux qui pourraient s'adonner aux arts occultes, ou les rechercher dans autrui,
Exode 22:18; Lévitique 20:27; Deutéronome 18:10-11. Les termes employés pour désigner les diverses
nuances du métier, sont ceux de devin, pronostiqueur, augure, sorcier et sorcière, enchanteur, homme qui
consulte Python, homme qui consulte les morts, diseur de bonne aventure, etc. Cette funeste industrie,
comme on le voit, avait déjà tous ses degrés et ses subdivisions. Les noms par lesquels sont caractérisés
les enchanteurs de toutes espèces, sont, outre ceux que nous avons déjà marqués à l'article Divination:
1.
Mecasheph, Exode 7:11; Deutéronome 18:10; Daniel 2:2, ou Cashaph, Jérémie 27:9; cf. 2
Chroniques 33:6; Matthieu 3:5; Exode 22:18; 2 Rois 9:22; Michée 5:12; Nahum 3:4; Ésaïe 47:12. Quelques-
uns entendent par là ceux qui sont habiles dans l'art de calculer les éclipses, et qui les annoncent pour
certaines époques comme des effets de leur propre volonté (Virgile Æneid. 4, 489). Il est plus probable
cependant qu'il faut avec Rosenmuller prendre ce mot dans une acception tout à fait générale, et le
dériver du mot syriaque correspondant qui signifie prier à voix basse, rendre un culte; puis, adorer, et
être idolâtre: l'enchanteur aurait reçu ce nom soit à cause de sa relation avec l'idolâtrie, soit parce qu'il
murmure des formules au moyen des quelles il donne ou enlève les charmes.
2.
Hhober hhabarim, Psaumes 58:6; Deutéronome 18:11; Ésaïe 47:13 (?) et Ashaph, Daniel 1:20;
2:2,10; 4:6 (?) On l'entend ordinairement des charmeurs de serpents (le verbe Hhabar signifie lier,
associer, réunir), qui rendent doux et sociables des animaux en général farouches et sauvages;
— Voir: Aspic.
D'autres donnent à Hhabar la signification (arabe) de partager, couper, trancher, et l'entendent des
astrologues qui, divisant le ciel en zones, vont chercher leurs horoscopes dans les positions relatives des
astres dans ces différentes bandes. Les ashaph (mot parent de cashaph, — Voir: plus haut) étaient
essentiellement des conjureurs d'animaux, scorpions, serpents, etc.
3.
Les Oboth, ou conjureurs de morts, Ésaïe 8:19, nécromanciens qui interrogent les tombeaux;
— Voir: Python.
4.
Latim est le nom que donne Moïse aux enchantements dont se servirent les magiciens hébreux
pour contrefaire ses miracles, Exode 7:11,22; 8:7,18. Ce mot signifie secret, mystérieux, occulte, et se
rapporte parfaitement aux procédés secrets par lesquels ils réussissaient à forcer la nature.
5.
Les Onenim, Ésaïe 2:6; 57:3, ou Meonenim, Lévitique 19:26; Deutéronome 18:10; 2 Rois 21:6. Les
Talmudistes font dériver ce mot, de On, ou plutôt Eyn, qui signifie œil, et ils le traduisent par: ceux qui
enchantent avec l'œil; on compare alors le mauvais œil si célèbre chez tous les peuples, cet œil qui jette
des sorts fâcheux, que les Grecs redoutaient, et que presque toutes nos populations redoutent encore
(Calmet, Winer). D'autres comparent le mot anan, nuage, et pensent à ces magiciens qui vont chercher
dans le cours des nuages l'histoire des hommes et des événements.
— La forêt de chênes dont il est parlé Juges 9:37, appartenait à des devins de cette catégorie.
Répétons encore, après ces énumérations, ce qu'on aura déjà pu voir a leur simple lecture, qu'il règne
beaucoup d'incertitude sur l'exacte définition de plusieurs de ces artifices; il est même évident que plus
d'une fois un terme est employé pour un autre, et dans une acception tout-à-fait générale.
La règle que l'Écriture nous donne, pour distinguer les vrais miracles des faux, est la même que pour
distinguer la saine de la fausse doctrine, à savoir les bonnes œuvres, Deutéronome 13:1-2; Jean 7:17.
Il est souvent parlé des charmeurs de serpents, soit dans la Bible, Psaumes 58:5; Job 40:24; Ecclésiaste
10:11; Jérémie 8:17, soit dans les auteurs profanes. Saint Augustin va même plus loin, bien loin, quand il
raconte les métamorphoses orientales d'hommes changés en ânes, en chameaux, etc.
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