forme plutôt que dans le fond, et qu'elles se comprennent facilement. Notre plan ne comporte pas un
examen détaillé des rapports qui se trouvent entre Jean et les synoptiques: on les retrouvera dans les
ouvrages spéciaux, parmi lesquels nous recommandons surtout Sander, traduit en français, avec une
excellente préface de M. de Rougemont sur le même sujet (Neuchâtel).
— Jean a écrit son Évangile à Éphèse, quoique plusieurs auteurs prétendent qu'il l'a composé pendant les
loisirs de Patmos. Irénée et Jérôme sont positifs dans leur témoignage, tandis qu'un écrit apocryphe (les
douze apôtres) est la première source connue de la tradition en faveur de Patmos. Quant au temps, les
uns (Basnage, Lampe, Wegscheider) veulent que Jérusalem subsistât encore lorsque Jean a fait son travail,
et ils mettent la composition de cet Évangile environ vers l'an 67, opinion qui ne peut guère se soutenir.
D'autres pensent que Jean l'a écrit avant l'exil de Patmos, et par conséquent avant l'Apocalypse; ils
s'appuient sur ce que, Apocalypse 1:5,9, Jean dit qu'il a rendu témoignage à Jésus, paroles qu'ils estiment
se rapporter nécessairement à son Évangile; mais cette preuve prouve peu. Reste enfin la troisième
opinion, qui place la rédaction de l'Évangile après celle de l'Apocalypse; elle est appuyée par Irénée,
Jérôme, Épiphane et Eusèbe; le style de l'Évangile a aussi quelque chose de plus soigné, de plus mûri,
comme celui d'un homme plus habitué à écrire et plus versé dans le maniement de la langue grecque.
On comprend qu'un écrit aussi beau et aussi important ait trouvé de nombreux commentateurs; nous
n'indiquerons, parmi ceux de la Réforme, que Zwingle, Luther, Mélanchthon, Calvin et Bèze; puis, au
siècle dernier, en 1724, Lampe d'Utrecht, plein d'érudition, de sagacité et de chaleur chrétienne. Parmi les
auteurs plus récents, nommons Paulus dont la réputation comme orthodoxe moderne est faite et perdue
depuis longtemps; Kuinœl, bon répertoire; Lücke; Clarke; Olshausen (traduction en français); enfin
Tholuck: ces deux derniers sont les plus connus, et peut-être aussi les plus dignes de l'être. Olshausen
paraît avoir mieux senti, Tholuck avoir mieux compris saint Jean; mais tous les deux l'ont commenté en
chrétiens, et leur travaux resteront. Tholuck réunit à la brièveté le mérite de fournir tous les moyens
exégétiques de lire avec fruit cet Évangile, comme en général les autres écrits du Nouveau Testament
qu'il a commentés.
— En anglais, Leçons explicatives de Bird Summer.
Épîtres de saint Jean. Elles sont au nombre de trois, et quoiqu'elles ne portent point de nom d'auteur, non
plus que l'Évangile, elles ont été attribuées à cet apôtre, presque sans contestation, les témoignages
anciens ne laissant aucun doute à ce sujet. La première porte le nom de catholique, parce qu'elle a été
adressée à un ensemble de congrégations, et l'on pense généralement que saint Jean l'envoya de Patmos
aux Églises de l'Asie Mineure et à celle d'Éphèse en particulier, malgré certains témoignages apocryphes
d'après lesquels l'apôtre l'aurait destinée aux Parthes ou aux Juifs convertis d'entre ceux qui étaient exilés
parmi les Parthes, au-delà de l'Euphrate. Jean y combat les mêmes erreurs que dans son Évangile; on y
retrouve le même plan, le même style, le même vocabulaire peu riche, et dont le verbe aimer semble faire
le fond. L'Homme-Dieu y est annoncé d'une manière éclatante; la manière claire et précise dont y est
présentée la doctrine de Dieu a fait donner à Jean le nom de théologien par excellence; il expose que la
Parole était au commencement, qu'elle était avec Dieu, qu'elle était Dieu lui-même; il appelle anti-Christs,
menteurs et faux prophètes ceux qui le nient, et comme ces séducteurs ennemis de la croix commençaient
à mettre en avant leurs doctrines déjà vers la fin du premier siècle, saint Jean, le dernier des écrivains du
Nouveau Testament, a élevé ce boulevard inébranlable contre lequel se meurtrissent les faux théologues
de nos jours.
— La seconde et la troisième épître sont adressées à des particuliers; on a voulu leur donner pour auteur
un autre Jean, mais le témoignage d'Irénée repousse cette supposition, et le style, comme aussi la pensée
intime, affectueuse et dogmatique, rappelle la manière de saint Jean l'apôtre, celle de l'Évangile, celle de
la première épître.
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