Page 692 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Mets sur lui ta main, essaie la lutte; tu n'y reviendras plus.
Voici, l'espérance de celui qui l'essaierait s'évanouira: est-ce qu'à sa vue déjà il n'est pas atterré?
Il n'en est pas d'assez vaillant pour l'éveiller. Et qui est celui qui se présenterait devant moi (pour me
résister)?
Qui m'aurait fait des avances que je doive les lui rendre? Tout sous tout le ciel est à moi.
Je ne me tairai point de ses membres, l'expression de ses forces, la beauté de son armure.
Qui découvrira le dessus de son vêtement (la cuirasse qui recouvre sa peau)? Qui s'aventurera dans sa
double denture?
Qui ouvrira les portes de son visage? Ses dents tout à l'entour sèment l'épouvante.
Fières sont les rangées de sa cuirasse, serrées comme d'un étroit cachet.
L'une touche à l'autre, un souffle ne passerait pas entre elles.
Chacune est collée à sa voisine; elles tiennent l'une à l'autre, et ne peuvent être séparées.
Ses éternuements rayonnent la lumière, ses yeux sont comme les paupières de l'aurore (c'est-à-dire
comme les premiers rayons du jour. Les anciens avaient déjà remarqué que lorsque le crocodile sort du
fond des eaux, on voit briller, avant même de voir son corps, ses yeux qui annoncent ainsi sa venue,
comme l'aurore annonce le soleil.)
De sa bouche sortent comme des flambeaux; des étincelles de feu en jaillissent. De ses narines sort une
fumée, comme d'un pot bouillant ou d'une chaudière.
Son souffle flambe comme un brasier (ou allumerait des charbons), et une flamme sort de sa gueule.»
Ces versets se rapportent
supposément
au crocodile sortant du fleuve et chassant avec violence par les
naseaux et par la bouche l'eau qui s'oppose à ses mouvements impétueux; ce sont des jets qui rayonnent
dans tous les sens, et qui ont, selon quelques auteurs, une lumière phosphorescente quand l'animal est
échauffé ou irrité; le voyageur Bartram parle aussi de cette vapeur qui sort de ses narines comme une
fumée.
«En son cou repose la force, et devant lui danse l'effroi.
Les fanons de sa chair sont fermes, coulés (ou fondus) en lui, rien ne bouge. (L'image de la fonte exprime
la dureté et l'adhésion des parties entre elles.)
Son cœur est dur (de fonte) comme une pierre, dur (de fonte) comme une pierre de meule de dessous.
Quand il se lève, des héros s'épouvantent; ils sont hors d'eux-mêmes d'effroi.
L'attaque-t-on avec l'épée, elle ne prend pas; ni dard, ni lance, ni cuirasse ne servent.
Il estime le fer comme de la paille, l'airain comme du bois pourri.
Le fils de l'arc (la flèche) ne le fait pas fuir, en chaume se changent pour lui les pierres de la fronde.
La massue lui semble comme du chaume; il rit du sifflement du javelot.
Sous lui sont des têts aigus (les écailles de son ventre); il traîne sur la vase une herse à battre le blé (c'est-à-
dire il laisse dans la vase, partout où il se repose, des traces de son passage et l'empreinte de ses dures et
fortes écailles qui labourent le terrain, comme si la herse y avait passé.)
Il fait bouillonner la profondeur comme un chaudron, et rend la mer semblable à un parfum (ou à un
vase de parfumeur. Cette partie de la comparaison n'est pas claire; l'auteur veut dire que le léviathan
agite et trouble les flots: mais quel rapport cette agitation a-t-elle avec du parfum?)
Derrière lui brille son chemin; l'abîme apparaît comme une tête blanchie (à cause de l'écume que la
rapidité de ses mouvements forme autour de lui).
Rien sur la terre ne l'égale; il a été fait pour ne rien craindre.
Il voit au-dessous de lui (ou il fixe) tout ce qui est élevé; il est roi sur tous les orgueilleux (animaux).»
Tous les détails de cette poétique description concordent avec ce que les naturalistes et les voyageurs,
anciens et modernes, nous disent du crocodile. Cet animal, géant dans la famille des lézards, habite
particulièrement les bords du Nil, et devait être bien connu d'un auteur qui avait vécu en Égypte, comme
celui du livre de Job. C'est là qu'il atteint sa plus grande longueur, qui va jusqu'à 10, et même 12 mètres;
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