Page 696 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

— La loi leur avait encore donné en toute propriété quarante-huit villes ou villages, ou plutôt trente-cinq,
car ils devaient en abandonner treize aux prêtres; c'était en quelque sorte la dîme des villes ou des
maisons, et dans un pays où chacun était agriculteur et propriétaire, et où l'on ne trouvait par conséquent
pas d'appartements à louer, cette disposition de la loi était absolument nécessaire pour fournir des
demeures à tous les membres de la tribu de Lévi: quand ils étaient de service à Jérusalem, ils habitaient
les appartements réservés près du tabernacle et du temple, mais lorsqu'ils n'y étaient plus, ils devaient
avoir un abri assuré pour eux et leurs familles; Nombres 35:1-5. Ces villes, avec un faubourg de mille ou
deux mille coudées en dehors des murs, étaient dispersées sur le territoire de neuf tribus en deçà et au-
delà du Jourdain; Juda, Siméon et Benjamin n'avaient pas de villes lévitiques, mais les treize villes
sacerdotales étaient renfermées dans leurs frontières. Il est sûr que cette dispersion dut influer
avantageusement sur la culture et l'instruction religieuse des tribus; quant au nom des villes
— Voir: Josué 21:20;
sq.; dix d'entre elles appartenaient aux Kéhathites, treize aux Guersonites, et douze aux Mérarites.
Les Lévites étaient, d'après Flavius Josèphe, dispensés du service militaire, et ils obtinrent aussi, des
gouverneurs étrangers après l'exil, l'exemption des impôts et péages, Esdras 7:24.
Il est assez remarquable que le Deutéronome n'indique nulle part que les sacrificateurs dussent
appartenir à une famille particulière de la race de Lévi, et même il semblerait, par 18:6, que le corps
sacerdotal se composât et se recrutât de tous ceux des Lévites qui sentaient en eux-mêmes une vocation
intérieure spéciale pour le service du sanctuaire; ceux-là, comme véritables ministres de l'autel, avaient
seuls le droit d'être nourris de l'autel, tandis que les autres Lévites, non fonctionnant, étaient simplement
recommandés à la générosité des Israélites. Si c'est en effet ainsi que l'on doit entendre le passage indiqué
du Deutéronome, il serait un premier pas vers une manière plus spirituelle de comprendre le sacerdoce,
et l'on doit se rappeler que ce livre a été écrit environ quarante ans après la première institution, et qu'il a
pu modifier déjà quelques-unes des lois, quelques-uns des principes existants. Toutefois la chose est
incertaine, elle doit être examinée, mais ne peut se décider.
________________________________________
LÉVITIQUE.
________________________________________
C'est le nom qui a été donné au troisième livre de Moïse, parce qu'il traite de l'institution des lévites, et
des lois et ordonnances qui devaient les régir. Dans les sept premiers chapitres, il décrit les sacrifices de
divers genres qui devaient être offerts par le peuple, et la manière dont ils devaient être présentés. Le
paragraphe suivant (chapitres 8-10) est plutôt historique; il raconte la consécration des prêtres et le
châtiment que subirent Nadab et Abihu pour avoir offert devant l'Éternel un feu étranger. Les chapitres
11-22 contiennent les lois sur la pureté légale et cérémonielle; enfin, la fin du livre, 23-27, renferme des
prescriptions sur les fêtes, les vœux et les dîmes. (Le chapitre 26 renferme des prophéties qui se sont
accomplies d'une manière bien explicite à l'égard des Juifs, cf. verset 22 avec Nombres 21:6; 2 Rois 2:24;
17:25; Ézéchiel 5:17; et la conservation de ce peuple comme peuple distinct est encore un commentaire
vivant du verset 44, une preuve de plus de la vérité des prophéties).
Le Lévitique comprend l'histoire du premier mois de la seconde année que les Israélites passèrent dans le
désert, et il s'arrête au premier jour du deuxième mois, Nombres 1:1; cf. Exode 40:2,17; c'est du moins
dans l'intervalle de ces deux dates que tous les événements qu'il rapporte se sont passés, sans que l'on
puisse déterminer au juste combien de jours ils ont duré. On ignore l'époque de la rédaction, mais il est
probable qu'elle a ordinairement accompagné, ou suivi de très près la promulgation des lois ou la
célébration des solennités,
694