se révolter contre leur chef, et Dieu ne fit pas attendre son jugement; Marie et ses frères durent
comparaître au tabernacle d'assignation, et la vengeance divine frappa d'une lèpre subite la sœur qui,
dans son âge avancé, n'avait pas craint de troubler par ses médisances la paix d'une famille, et par son
ambition l'ordre du camp d'Israël, Nombres 12, cf. Deutéronome 24:9. Mais à la requête de Moïse, la santé
lui fut rendue, elle fut nettoyée de la lèpre, et les formalités nécessaires à la purification des lépreux, un
exil de sept jours hors du camp, furent la seule peine de sa révolte. Elle mourut au désert de Tsin, quelque
temps avant la fin du grand voyage, après avoir vécu cent vingt ans avec le frère dont elle avait été la
jeune libératrice; on peut croire qu'elle avait au moins cent trente ans. Flavius Josèphe la fait épouse de
Hur l'ami de Moïse.
— Quelques auteurs rapportent à la mort très rapprochée de Marie et de ses deux frères ce qui est dit
Zacharie 11:8. «Je supprimai trois pasteurs en un mois, car mon âme s'est ennuyée d'eux.» Les noms de
ces trois grandes autorités sont rappelés et réunis, Michée 6:4; mais il ne paraît pas que Marie ait joui elle-
même d'une autorité autre que l'autorité naturelle que lui donnaient ses relations d'intime parenté avec le
chef et le souverain pontife d'Israël.
— Eusèbe dit qu'on montrait encore de son temps le tombeau de Marie à Kadès.
2.
Marie, fille de Méred, inconnue, 1 Chroniques 4:17.
3.
Marie, fille d'Héli et mère de Jésus: épouse fiancée à Joseph, mais encore vierge, elle vit
s'accomplir en elle les antiques promesses faites à la maison de David, et servante de l'Éternel, cette
humble femme donna la nature humaine à celui qui, à la fois homme et Dieu, devait délivrer les hommes
de leurs péchés en vivant et en mourant pour eux. Dans une visite à sa cousine Élisabeth, qui portait
comme elle en son sein un gage de la faveur divine envers elle et envers tous les hommes, elle composa le
cantique si humble et si triomphant qui porte son nom, et qui rappelle les paroles d'Anne, la mère de
Samuel; puis lorsque le moment de la délivrance de sa cousine fut proche, Marie revint à Nazareth où elle
habitait, et où elle se proposait d'attendre dans la retraite les jours de sa gloire; mais l'oracle de Michée,
5:2, devait s'accomplir, et César Auguste, en ordonnant le recensement de la Judée, contraignit Joseph de
se rendre à Bethléem, où Marie le suivit, soit qu'elle ne voulût pas se séparer de son époux dans les
circonstances où elle se trouvait, soit qu'elle dut aussi, comme fille unique, héritière et propriétaire d'un
immeuble dans sa tribu, se présenter elle-même au lieu où elle possédait. Mais son terme était accompli,
elle enfanta dans une étable son fils premier-né, qui n'eut qu'une crèche pour berceau, et dont la royauté
terrestre ne devait pas avoir un lieu où reposer sa tête. Cette humble fin de tant de glorieuses espérances
devait être une déception pour Marie, qui ne comprenait pas encore la nature de la gloire et de la
grandeur de Jésus; mais les manifestations célestes qui présidèrent à défaut de pompes terrestres à la
naissance de l'enfant, furent pour la mère un enseignement qu'elle garda dans son cœur et qui lui devint
clair plus tard, bien qu'elle soit restée de longues années encore avant de comprendre les mystères qui
l'entouraient (Luc 1, et 2,). Après avoir vu les mages d'Orient s'humilier aux pieds de son fils, et
lorsqu'elle eut accompli les quarante jours de purification exigés des jeunes mères par la loi de Moïse,
Lévitique 12:2, les jours de tribulation commencèrent pour elle; divinement avertie, elle partit pour
Jérusalem, où elle offrit dans le temple le sacrifice des relevailles, et le vieux Siméon, heureux de tenir
dans ses bras le gage de la rédemption d'Israël, bénit son jour, mais ne cacha point à Marie les peines
qu'elle aurait à souffrir et l'épée qui devait percer son âme. Elle passa de Jérusalem en Égypte, où elle
attendit la mort du tyran qui eut lieu dans le courant de la même année. Lorsque Jésus eut atteint l'âge de
douze ans, sa mère, qui se rendait selon l'usage à Jérusalem pour y célébrer la Pâque, le perdit de vue et
ne le retrouva qu'après trois jours de recherches; usant de son autorité maternelle, elle crut pouvoir
adresser à l'enfant de tendres reproches, expression des inquiétudes auxquelles elle avait été en proie,
mais elle ne comprit pas la réponse du Messie, sa justification et la revendication de ses droits dans
l'exécution de ses devoirs. Il ne paraît pas même que dans les dix-huit années qui suivirent, elle ait fait
des progrès dans la connaissance et dans l'intelligence de la vérité éternelle, car aux noces de Cana, où
nous la retrouvons pour la première fois après ce long intervalle, elle s'attire de la part du Sauveur des
paroles où l'on est obligé de reconnaître quelque dureté, Jean 2:1-4. (cf. Juges 11:12; 2 Samuel 19:22; 2 Rois
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