Page 749 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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9:18, etc.); c'est ainsi que l'ont entendu les pères de l'Église les plus distingués, Chrysostôme, Augustin,
Théophylacte, Origène et Calmet lui-même. Marie n'eut jamais aucune part au ministère de son fils, et
lorsque Jésus fut appelé, soit par une folle béatification que l'on voulait faire de sa mère, soit à propos
d'une interruption qu'elle occasionna en se présentant avec ses autres fils pendant que la foule, attentive à
ses discours, l'environnait et l'écoutait avidement, à parler de celle à qui il devait son corps et sa nature
humaine, ce fut pour répondre la première fois: «mais plutôt heureux ceux qui entendent la parole de
Dieu et qui la pratiquent, Luc 11:28,» et la seconde fois: «Qui est ma mère et qui sont mes frères?
quiconque fera la volonté de mon père qui est aux cieux.» Matthieu 12:48; Marc 3:35; Luc 8:21.
— Cependant l'époque où le Fils de l'homme devait être glorifié, approchait; Marie toujours bornée dans
ses espérances, dans ses désirs et dans ses vues sur la grandeur de son fils à qui un trône était promis,
n'était pas préparée aux scènes douloureuses dont elle devait être témoin; elle monta encore de Nazareth
à Jérusalem pour y faire la Pâque, et l'oracle de Siméon s'accomplit, qui lui avait annoncé qu'une épée
percerait son âme; elle accompagna vers le lieu du supplice le fils qu'elle avait tant aimé sans le
comprendre; elle se tenait là avec ses pieuses compagnes; elle regardait de loin, Matthieu 27:55; Marc
15:40; Luc 23:49, et s'étant approchée pour recueillir en silence le dernier soupir du Juste condamné, elle
eut le bonheur d'entendre encore sa voix qui la recommandait au disciple bien-aimé, léguant à celui-ci
une mère, à celle-là un fils, Jean 19:26. Elle se retira en effet chez saint Jean, et la tradition porte qu'elle
passa onze années sous son toit hospitalier; son nom se retrouve, Actes 1:14, avec celui des disciples
réunis en prières après l'ascension du Christ ressuscité; dès lors il n'en est plus question ni directement, ni
indirectement dans aucun des livres du Nouveau Testament, dans aucune des vingt et une épîtres, qui
traitent cependant de tous les dogmes et de toutes les vérités religieuses, non plus que dans la description
que saint Jean (Apocalypse) nous fait de la demeure des bienheureux. Le silence de l'Écriture sous ce
rapport, est la meilleure réponse à la doctrine mariolâtre de l'Église romaine. On ne sait, ni où, ni quand
mourut Marie, mais elle devait avoir plus de soixante ans; on ne sait pas non plus comment les papistes
ont pu se procurer tout le lait qu'ils montrent de la sainte Vierge, et comme dit Calvin, elle eût été vache,
et nourrice toute sa vie, que l'on comprendrait encore difficilement la prodigieuse quantité que l'on en
vend en tant de lieux. Il est affligeant pour le christianisme que M. de Chateaubriand ait osé parler de
cette beauté qui s'interpose entre Dieu et les hommes; nous voulons aussi appeler Marie bienheureuse,
mais c'est parce-qu'elle a été reçue en grâce, parce qu'elle a eu un Sauveur; le silence des livres saints,
aussi bien que la manière dont ils parlent de Marie, quand ils le font, doit nous rappeler qu'un seul est
adorable, qu'un seul est intercesseur. Sur la question de controverse,
— Voir: A. Bost, Adoration de Marie; Malan, Comment pourrais-je, etc.; Puaux, Anat. du Pap.; Roussel,
Portrait de Marie, et plusieurs autres ouvrages et brochures.
4.
Marie Magdeleine (— Voir: Magdala), Matthieu 27 et 28, Marc 15 et 16, Luc 8:23, et 24, Jean 19 et
20. Elle est toujours, sauf Jean 19:25, nommée la première parmi les pieuses femmes qui accompagnaient
le Christ et qui le soutenaient de leurs dons, même avant la femme de Chuzas intendant d'Hérode, et l'on
en a conclu qu'elle appartenait probablement à la haute classe de la société, et qu'elle jouissait d'une
fortune assez considérable; rien du moins ne peut faire croire le contraire. Elle fut délivrée par la
puissance du Sauveur, de sept esprits immondes dont elle était possédée, et cette délivrance fut pour elle
une naissance nouvelle; dès lors, pleine de reconnaissance, elle se dévoua sans réserve à son maître, et le
suivit jusqu'au calvaire et dans le jardin de Joseph. Elle voulut contribuer ou pourvoir aux dépenses de
l'embaumement, et se rendit de bonne heure au tombeau le lendemain du sabbat; mais la pierre était
roulée, et le corps n'y était plus. Les femmes qui n'ont pas encore aperçu les anges gardiens, s'inquiètent
et s'étonnent; Marie court à Jérusalem avertir les apôtres (Jean 20), et revient au sépulcre, où elle ne trouve
plus personne que les deux anges qu'elle ne reconnaît pas, et à qui elle confie le secret de son angoisse; et
quand Jésus lui-même s'approche, encore toute troublée, elle le prend pour le jardinier, le supplie de lui
rendre le corps de son maître, et ne le reconnaît que lorsque sa voix bien connue et pénétrante, l'appelle
de son nom, Marie! Elle se jette alors à ses pieds, qu'elle embrasse en s'écriant: Rabboni! mon maître! Mais
il la relève et lui dit: ne me touche point, car je ne suis pas encore monté vers mon père (verset 17); paroles
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