difficiles à comprendre, et dont on ne peut espérer de percer l'obscurité: peut-être renferment-elles un
reproche à Marie sur son incrédulité: «Tu n'as pas besoin de me toucher, tu peux être sûre que je vis
encore;» peut-être une exhortation, «ne perds pas de temps, et va dire à mes frères que je vis», ou bien,
«ne te préoccupe pas de mon corps, il n'est pas encore glorifié, il est charnel, et tes regards doivent
s'élever plus haut;» peut-être enfin n'est-ce qu'une parole d'amitié, «tu n'as pas besoin de m'adorer, je suis
encore le Fils de l'homme, l'un des vôtres;» ou bien, «calme ta joie, nous nous reverrons encore avant que
je monte vers mon père, ce qui ne tardera cependant pas», (cf. Calvin, Bèze, Tholuck, Olshausen, etc.)
— Ici s'arrête son histoire; la tradition ajoute, mais sans le moindre fondement, que c'est elle qui, pauvre
pécheresse, après une vie d'impuretés, trouva son pardon aux pieds de Jésus qu'elle oignait de nard pur
en les arrosant de ses larmes, Luc 7:37; l'art s'est emparé de ce nom, et rien n'est plus commun en poésie et
en peinture, que les pécheresse Madeleine, et les Madeleine repentante; il suffit de se rappeler qu'avant sa
conversion elle était affligée d'infirmités qui ne pouvaient se concilier avec les désordres de conduite
qu'on lui prête; la pécheresse d'ailleurs était de Naïn et non de Magdala. La tradition (Nicéphore), fait
encore venir Marie Madeleine à Rome, et raconte qu'après avoir porté plainte contre Pilate, elle se retira
dans les Gaules comme évangéliste, mais rien ne le prouve, et il est plus que vraisemblable que ce n'est
qu'un conte.
— Le caractère de Marie Madeleine est un des plus purs portraits de femme du Nouveau Testament; il ne
présente pas les mêmes taches que celui de la mère du Sauveur, et son amour pour le maître est empreint
de plus d'intelligence, de plus d'élévation, et si on peut le dire, d'un christianisme plus évangélique.
5.
Marie, femme d'Alphée ou Cléopas, Jean 19:25, et mère de Jacques le Mineur, de Joses, de Simon
et de Jude. Elle était sœur de la mère de Jésus, et compta parmi les pieuses femmes qui assistèrent le
Sauveur pendant sa vie, le suivirent au Calvaire, se rendirent au sépulcre pour l'embaumer, et
annoncèrent sa résurrection aux apôtres, Matthieu 27 et 28, Marc 15 et 16, Luc 23 et 24. Trois de ses fils
devinrent apôtres, Joses seul ne le fut pas. D'après d'autres passages, ces quatre enfants auraient été fils
de Marie, femme de Joseph, Matthieu 13:55; Marc 6:3, et l'apôtre Jean, 7:5, leur rend le triste témoignage
qu'ils ne croyaient pas en Jésus;
— Voir: Jacques.
Sur cette question à laquelle les romanistes ont donné plus d'importance qu'elle n'en a réellement, nous
croyons qu'un mot peut suffire; Jésus était le fils unique du Père, il n'est pas le fils unique de Marie, mais
son premier-né, Matthieu 1:25; Luc 2:7. Ceci est positif, peu importent les noms de ses frères; et si les deux
sœurs, si les deux Marie ont porté le même nom, il est possible qu'elles aient aussi donné à leurs enfants
des noms semblables.
6.
Marie, sœur de Lazare et de Marthe, Luc 10:39; Jean 11 et 12. Dans une visite, peut-être la
première, que Jésus fit à la famille de Béthanie, Marie était assise aux pieds du Sauveur, écoutant sa
parole, et se réjouissant de la vérité; Marthe, plus vive, plus extérieure, et s'occupant de recevoir de son
mieux un hôte, si cher et si vénéré, voyait avec impatience le calme de sa sœur, mais Jésus rendit à celle-ci
ce beau témoignage: «Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera point ôtée», parole qui se rapportait tout
ensemble à la bénédiction du moment, et aux bénédictions à venir, à l'avantage de recueillir les
instructions du maître, et au salut qui devait en découler pour la femme disciple.
Lorsque Lazare fut mort, Marthe courut au devant du Seigneur; Marie l'attendait, mais quand elle sut que
Jésus la demandait, elle s'empressa de se rendre à son invitation, et se jetant à ses pieds, sans beaucoup de
raisonnements ou de paroles, elle dit seulement: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas
mort. Au tombeau de son frère, oppressée peut-être par la douleur, en même temps qu'agitée par
l'espérance, et soutenue par la foi, elle garda le silence, mais un silence plus significatif que toutes les
paroles de sa sœur. Peu de jours après la résurrection de son ami Lazare, Jésus étant encore à Béthanie où
tant de souvenirs et tant d'affections l'attiraient, il fut invité à un repas chez Simon dit le lépreux: là,
Marie qui célébrait avec les autres convives la résurrection de son frère, sut plus qu'eux tous, plus même
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