Page 761 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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3:16; Exode 47:18; Joël 2:20; Zacharie 14:8. Flavius Josèphe, Diodore de Sicile et Pline l'appellent lac
Asphaltite, et les Arabes lui ont conservé le nom de mer de Lot. Nous empruntons à Bræm les détails
suivants, en les modifiant ou les complétant par d'autres géographes et par les détails des voyageurs
modernes (Raumer, Chateaubriand, etc.). Le Ghor, ou vallée du Jourdain, conserve sa forme et sa largeur;
les bords en sont des montagnes escarpées et nues; la chaîne orientale semble être une prodigieuse
muraille; on n'y distingue aucun sommet, et l'on dirait seulement que la main du peintre qui a tracé sur le
ciel cette longue ligne horizontale, a tremblé en quelques endroits; ces montagnes, au dire de quelques
voyageurs, ressemblent, par leur grandeur et leur situation, aux rives du lac de Genève, vis-à-vis de
Lausanne et de Vevey. La chaîne occidentale n'est ni aussi élevée, ni aussi uniforme; elle présente même
des montagnes de figures extraordinaires et bizarres. Au fond de la vallée, entre ces deux chaînes, est
encaissé un bassin sombre et profond qui a 22 lieues de long sur 5 à 6 de large (Flavius Josèphe compte
580 stades en longueur et 150 en largeur), et qui est rempli par les eaux claires, lourdes et très salées d'un
lac immobile et mort. Comme ces eaux contiennent une quantité de sel presque égale à la moitié de leur
volume, elles sont si pesantes que le vent ne les agite qu'avec peine. Arvieux, qui voulut porter à ses
lèvres quelques gouttes de ces eaux, les trouva si amères et si cuisantes, qu'elles lui causèrent une vive
douleur et produisirent de l'enflure; Chateaubriand les compare à une forte dissolution d'alun; un
voyageur anglais, qui s'y baigna avec six de ses amis (Morgenl. 1840, p. 190), raconte ainsi ses
impressions: «Si nous voulions nager, nous avions de la peine à maintenir nos pieds sous l'eau; si nous
voulions nous tenir perpendiculairement, la moitié du corps surnageait, et nous avions de la peine à
garder l'équilibre, probablement à cause de la plus grande pesanteur de la tête et des épaules, qui étaient
hors de l'eau et qui ne trouvaient pas dans la partie inférieure du corps un contrepoids suffisant. L'un
d'entre nous qui ne savait pas nager, restait étendu sur l'eau immobile comme un morceau de liège, et
nous avions en général beaucoup de peine à plonger entièrement. Le goût de l'eau à la bouche est très
repoussant, salé, amer, sulfureux, et si fort que pendant longtemps nos yeux, qui en avaient été mouillés,
en ressentirent une cuisson douloureuse; la peau même en était affectée, et je suis persuadé que si l'on
établissait ici une maison de bains, ils agiraient puissamment et avantageusement sur les maladies de la
peau.»
Ce lac n'a point d'écoulement, mais l'action d'un soleil ardent y produit une évaporation très active qui
dépose une très grande quantité de sel sur les pierres et sur les chétifs arbrisseaux de ses bords, et qui,
selon quelques auteurs, peut suffire à maintenir le niveau ordinaire; mais quand on pense que le Jourdain
seul charrie journellement en moyenne 6,090,000 tonnes d'eau dans la mer Morte (Shaw), il devient plus
probable que ces eaux se perdent par des communications souterraines, soit avec la mer Rouge, soit avec
la Méditerranée, soit avec l'intérieur du globe. On ne voit aucune plante, aucune habitation sur ses rives;
c'est un désert de sel et de bitume, de l'aspect le plus triste. Aucun poisson ne peut vivre dans ses eaux, et
ceux qui y descendent avec les flots du Jourdain y périssent bientôt, Ézéchiel 47:8-10. On n'y voit pas
même un coquillage vivant (Seetzen). Les bêtes sauvages, qui n'y trouvent ni nourriture ni breuvage,
l'évitent et semblent le redouter; à peine y découvre-t-on quelques vautours, des aigles qui ont élevé leur
aire sur ses noirs rochers, et des hirondelles qui font la chasse à quelques insectes près de ses bords. De
légères éruptions volcaniques qui partent de ses profondeurs, quelques nuages de vapeurs d'une couleur
sombre, s'élancent par moments, surtout vers le milieu du jour, et obscurcissent, mais pour peu de temps
seulement, la pureté naturelle de son atmosphère; sur ses rives orientales on trouve des sources chaudes
contenant du soufre et un asphalte gras et foncé, qui passe de ces sources dans la mer, sur laquelle il nage
en masses parfois très considérables; on les recueille soit pour médicaments, soit pour la teinture des
laines, soit pour la construction des bâtiments à la place de chaux; c'est de là que la mer Morte a pris aussi
le nom de lac Asphaltite.
La place qu'elle occupe était jadis un pays délicieux comme un jardin de Dieu. L'ardeur du soleil y était
adoucie par des eaux abondantes, et elle favorisait probablement ici, comme sur les rives du lac de
Génésareth, la production en une même contrée, des fruits les plus variés; la fertilité du sol y était encore
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