Page 763 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Le plus célèbre événement auquel se rattache le souvenir de la mer Rouge, est le passage miraculeux des
Israélites, raconté Exode 14. On a cherché à l'expliquer d'une manière naturelle, et l'on a substitué la
science et la sagesse de Moïse à la puissance de Dieu; il faut avouer qu'il y a en effet quelque chose de
simple et de naturel dans plusieurs détails de cette explication, et nous la reproduisons d'après les divers
auteurs qui l'ont développée. Moïse, parfaitement au fait des heures de la marée, connaissant aussi les
gués de la mer Rouge, aurait sous ces deux rapports choisi les circonstances les plus favorables pour
effectuer, avec la plus grande promptitude possible, la traversée que l'approche des Égyptiens avait
rendue nécessaire, et à laquelle il n'aurait peut-être pas pensé sans cela. Sans rien pouvoir déterminer sur
l'endroit qu'il choisit, il est de fait qu'anciennement le golfe qu'ils passèrent s'étendait beaucoup plus au
nord, et qu'il avait là une largeur beaucoup moins grande que plus bas; près de Suez encore (Niebuhr),
cette largeur ne dépasse guère 1500 pas, ce qui équivaut à quatre fois seulement la largeur de l'Elbe. En
plusieurs endroits il y a des gués ou des bancs de sable, qui pendant la basse marée sont presque à fleur
d'eau, et très faciles à franchir. Christophe Fürer de Heimendorf, patricien de Nuremberg, traversa en
1565 ce bras de la mer. Rouge près de Suez, mais non toutefois sans danger; on en cite d'autres exemples
encore. Le fond de l'eau vers le nord de ce golfe est uni, sans coraux, et presque sans algues ni herbes
marines; il se compose essentiellement de sable. On sait que c'est à peu près là que passèrent les Hébreux,
et Moïse aura choisi le gué le moins profond et le moment du reflux. Quant à la difficulté de faire
traverser ce gué à 600,000 hommes, sans compter les femmes et les petits enfants, pendant les six ou sept
heures seulement que dure la marée basse, elle est levée par la circonstance, mentionnée verset 21, d'un
grand vent d'orient qui retint les eaux, comme cela se voit souvent en temps d'orage, et Michaélis admet à
cause de cette circonstance, une marée double qui dura douze heures, et dont le retour plus violent et
plus rapide, parce qu'il avait été longtemps arrêté, fut pour les Égyptiens le messager de mort. Dubois-
Aymé fait disparaître encore quelques autres difficultés en supposant que le passage s'est effectué plus au
nord de Suez, là où l'on voit maintenant, au sud d'Adsherud, un banc de sable qui paraît s'être formé
d'une manière lente et progressive sur un lit peu profond, par les sables du midi; le lit de Suez aurait
aussi été anciennement beaucoup plus bas qu'il n'est aujourd'hui. Flavius Josèphe compare le miracle du
passage de la mer Rouge avec le passage de la mer de Pamphylie par les Macédoniens sous Alexandre,
Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 2, 16, 5, cf. Strabon 14, 458. Liv. 26, 46; mais dans ces passages il est
plutôt question de rives côtoyées que de bras de mer traversés: cette observation de l'historien juif est
peut-être ce qui a fait croire à quelques anciens pères et rabbins, du reste peu importants, que les Hébreux
n'avaient fait que côtoyer la mer Rouge, mais elle n'a pas eu grand succès; il en est de même de plusieurs
autres essais de solutions rationalistes, comme aussi de la négation même du fait. L'explication du
passage à gué pendant la marée basse, a en revanche trouvé un grand nombre de partisans, depuis les
prêtres de Memphis, qui, au rapport d'Artapane, s'étaient prononcés dans ce sens (Eus., Prép. évang. 9,
27, cf. Philon Op., II, 108), jusqu'aux temps modernes où elle a été développée par beaucoup de savants et
de théologiens, Leclerc, Michaélis, Ritter, Paulus, Dœderlein, Winer, etc. Il n'y a contre elle qu'une seule
objection, mais elle est grave; c'est que le texte sacré, soit de Moïse, soit des auteurs inspirés qui rappellent
cet événement, parle clairement d'un fait miraculeux, d'un passage de la mer Rouge d'une rive à l'autre
dans un lit très vaste, que les eaux retirées leur laissèrent à sec; que l'on confère seulement Exode 14:16-
17; 15:8; Psaumes 78:13; 114:3,5; 77:16; Ésaïe 63:11; Habacuc 3:15;
— Voir: aussi Sapience 10:17-18; 19:7-8.
Ce n'est qu'après avoir maintenu la séparation des eaux comme miraculeuse, que l'on peut y joindre, mais
plus comme secours ou comme explication, la coïncidence de faits naturels, de bas fonds ou de marée
basse, comme points de contact entre la nature et le surnaturel, entre le connu et l'inconnu; le verset 21
établit en effet, comme on le voit d'ailleurs par l'examen de presque tous les miracles, que si Dieu peut
créer des moyens miraculeux, il peut se servir aussi des moyens ordinaires d'une manière miraculeuse.
4.
Mer de Tibériade,
— Voir: Génésareth.
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