Page 776 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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contraire la possession avait été pour lui une cause de ruine, en attirant l'attention et la convoitise des
soldats pillards. L'histoire de Mica, épisode peu intéressant d'une époque où il n'y avait en Israël ni état ni
gouvernement, reste comme un exemple de l'aveuglement où l'idolâtrie jette ceux qui abandonnent la
droite voie, et du malheur qui s'attache à ceux qui veulent suivre à la fois Dieu et le monde, les ténèbres et
la lumière. Ce pauvre Juif a été peut-être plein de bonnes intentions par devers lui, mais un zèle sans
connaissance n'a pas de prix aux yeux de l'Éternel, lorsque c'est par sa faute que le pécheur manque des
connaissances qu'il devrait avoir dans la doctrine de la vérité.
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MICAËL
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(qui est comme Dieu?), un des grands anges ou archanges dont l'existence et le nom nous sont révélés par
l'Écriture. Micaël, appelé Michel en grec, Jude 9, était regardé comme le représentant du peuple juif
devant Dieu, et en quelque sorte sa personnification. Les rabbins l'opposent souvent à Sammaël, le prince
des ténèbres. C'est comme protecteur d'Israël qu'il apparaît Daniel 10:13,21; 12:1, et salut Jean nous le
montre remportant aux derniers jours la victoire sur Satan et ses anges, Apocalypse 12:7. Ces différents
passages n'ont pas besoin d'explication, mais le combat rapporté Jude 9, entre l'archange et le démon,
présente de graves difficultés. On a cru trouver dans ce passage une allusion à Zacharie 3:1-2. (Bèze et
Vitringa), mais pour appuyer cette opinion, il faut changer le texte et lire (au lieu de Michel) Jésus, Josué,
ou Jéhosuah, trois noms qui n'en sont qu'un dans l'original avec de légères modifications; cette variante
n'étant qu'une hypothèse sans fondement doit être abandonnée, d'autant plus qu'il faudrait encore, en
l'admettant, prendre Micaël pour Jéhovah, et le corps pour la personne. D'autres théologiens, partageant
la même opinion sans accepter les variantes, pensent que le corps de Moïse représente le judaïsme
personnifié dans le grand sacrificateur Jéhosuah (Wolff, Witsius).
— Une seconde classe de commentateurs, et non seulement les rationalistes, mais aussi quelques
théologiens orthodoxes, par exemple Ligthfoot, supposent que Jude a cité ici des traditions apocryphes,
comme Paul quelquefois allègue des poètes païens; il ne veut ni confirmer, ni réfuter, il se borne à
employer cet argument contre ceux auxquels il s'adresse, parce qu'ils ajoutent foi à de pareils récits, tout
en faisant parade de leur prétendue sagesse; il se sert contre eux d'un argument qu'ils accepteront, bien
qu'il ne l'accepte pas lui-même. Mais quand Paul fait des citations de ce genre, c'est avec plus de
précautions, et il est probable que si Jude eût voulu citer une fable, il se serait exprimé autrement qu'il n'a
fait. Troisièmement enfin, et c'est depuis Calvin l'opinion le plus ordinairement reçue par les
commentateurs chrétiens, il se peut bien que cette tradition se trouvât dans les livres apocryphes, mais ce
n'est pas là que Jude l'a puisée: l'apôtre nous transmet une tradition qui s'était conservée parmi les Juifs,
et dont il connaissait l'authenticité par une révélation de l'esprit de Dieu qui était en lui. C'est ainsi qu'on
peut trouver, dans des légendes, ou racontés par des prêtres, beaucoup de faits qui n'en sont pas moins
des vérités pour avoir passé par ces intermédiaires, en général peu dignes de confiance. Jude a fait ici ce
que Paul a fait 2 Timothée 3:8, en citant les noms de Jaunes et de Mambrès; il a suivi la tradition dans un
cas où il savait qu'il pouvait le faire. Bèze s'est joint à cette manière de faire, ainsi que Buddé, Schœttgen,
Witsius, etc.
On prend ordinairement comme motif de cette dispute l'intention de Satan de pousser les Juifs à
l'idolâtrie en leur présentant le corps de Moïse; mais il vaut mieux avouer son ignorance que d'avancer
des choses sans fondement. S'il y a dans l'Église chrétienne une idolâtrie relativement aux corps des
saints, cette idolâtrie n'existait pas, et ne pouvait même pas exister pour l'Orient où les corps morts
souillent les vivants; on évite de les approcher, et les Juifs devaient se purifier s'ils n'avaient pu éviter de
toucher un cadavre. D'autres ont modifié cette explication en disant qu'il est question de nécromancie
dans ce passage; mais dans ce but le corps mort de celui auquel on s'adressait n'était pas nécessaire, cl. 1
Samuel 28, et 25:1.
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