pacifique; il fit plus que des conquêtes, il releva Jérusalem de ses ruines, et réorganisa un peuple tout
entier qui n'avait plus ni rois, ni lois. Il se distingua par ses talents, sa prudence, son zèle, sa force, sa
sagesse, son désintéressement et sa persévérance; il se distingua surtout parce qu'il était animé d'un esprit
de prière dont on voit peu d'exemples dans les autres livres de l'Ancien Testament, et si jamais homme fit
de l'Éternel son bras et sou appui, ce fut Néhémie: il agit, mais il agit par la foi et au nom de Dieu. Il est
un type de l'amour du Sauveur pour son Église, comme les désordres qui se commettaient au milieu du
peuple juif de son temps, étaient un type, triste, mais trop fidèle, de l'Église chrétienne dont l'histoire ne
se compose que de chutes et de relèvements.
Le livre qui porte le nom de Néhémie est, en grande partie, son ouvrage; on pourrait presque dire son
journal, ses mémoires: partout où il parle à la première personne, il est impossible de douter que ce ne
soit aussi lui qui raconte. Quelques anciens auteurs et pères de l'Église avaient cru y voir l'œuvre
d'Esdras, non celle de Néhémie, attendu que les Hébreux réunissaient en un seul cahier ce qu'ils
appelaient, ce que les romains appellent encore les deux livres d'Esdras; mais il y a, entre ces deux livres,
de trop grandes différences de style pour qu'on puisse les attribuer au même auteur; le style de Néhémie
est beaucoup plus facile, plus large, plus abondant, et l'emploi qu'il fait de la première personne ne se
comprendrait pas dans toute autre supposition. Cependant, il ressort de la lecture même de ce livre que
tout n'est pas de Néhémie; mais, si l'on peut dire où le fragment intercalé commence, 7:6, il est plus
difficile d'établir où il finit; à cet égard, les interprètes sont aussi divisés que possible. Le fragment le plus
généralement reconnu comme étant d'une main étrangère, est 7:6-73; quelques auteurs y ajoutent les
chapitres 8, 9, et 10; d'autres encore le chapitre 11; d'autres enfin, comme Eichhorn, en regardant les onze
premiers chapitres comme l'ouvrage de Néhémie, attribuent le 12e et les cinq premiers versets du 13e à
un chef du peuple, qui aurait fait l'histoire de Jérusalem pendant l'absence de Néhémie. Quelques
critiques estiment aussi que des versets ont été intercalés, par ci, par là, dans le corps du livre, et, si on les
en croyait, on n'aurait qu'à faire de Néhémie une seconde édition revue et corrigée par leurs soins. Au
milieu de toutes ces incertitudes, une chose demeure, c'est que ce livre, tel qu'il existe, appartient au
canon juif, et que l'église chrétienne l'a accepté comme inspiré. Il importe donc peu qu'Esdras soit l'auteur
de plusieurs de ces fragments, ou que ce soit Néhémie; et, si l'on se rappelle le document que trouva
Néhémie, 7:5, on ne s'étonnera pas qu'il en ait peut-être joint à ses mémoires quelques extraits
généalogiques ou historiques.
— L'examen de ces difficultés a été fait dernièrement, avec beaucoup de sagesse, par Hævernick, Einl. II,
p. 303-317.
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NÉHUSTA,
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fille d'Elnathan, femme de Jéhojakim, mère et tutrice du jeune Jéchonias, âgé seulement de dix-huit ans
lorsqu'il monta sur le trône, 2 Rois 24:8; Jérémie 29:2. Elle eut part sans doute au gouvernement, mais ne
sut pas diriger son fils, et le suivit à Babylone lorsque Nébucadnetsar se fut emparé de la ville. C'est d'elle
qu il est parlé, Jérémie 13:18, comme régente, et le prophète lui adresse les mêmes reproches et les mêmes
exhortations qu'à son fils.
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NÉHUSTAN
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(objet d'airain). 2 Rois 18:4. C'est le nom dédaigneux qu'Ézéchias donna au serpent d'airain que Moïse
avait fait, soit que les Israélites l'eussent conservé, ce que le texte sacré rend assez probable, soit qu'au
milieu de leurs autres reliques d'idolâtrie, ils se fussent aussi fait des images de Dieu à la ressemblance de
ce serpent. Le roi de Juda brisa cette idole en l'appelant, de son vrai nom, un morceau d'airain; ce n'était
que cela, comme les reliques modernes sont des morceaux de cire ou d'os.
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