Page 892 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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On peut voir en tête des commentaires de Tholuck et d'Oltramare sur l'Épître aux Romains, un catalogue
raisonné assez complet de tous les travaux qui ont été faits sur les Épîtres de saint Paul; dans le nombre,
et pour n'indiquer que les plus saillants dans chaque époque, nous citerons Chrysostôme, l'Ambrosiaster
(Hilaire de Rome?), Bède le Vénérable, Pierre Lombard, Thomas d'Aquin, Nicolas de Lyre, Laurentius
Valla, Lefèvre d'Étaples, Érasme, Luther, qui mérite particulièrement d'être nommé, parce que, semblable
à Paul, il a pénétré profondément dans l'esprit de Paul, Mélanchthon, Bucer, Bullinger, Calvin, Bèze, et
enfin parmi les modernes Jean-Frédéric Flatt qui, de 1825-1830, a publié des Commentaires sur toutes les
Épîtres de Paul, et Olshausen que la mort seule a empêché d'achever entièrement une œuvre si
heureusement commencée.
Tholuck dans son Commentaire sur les Romains, et Steiger dans celui sur les Colossiens, renferment ainsi
que Hug, dans son Introduction, II, 331, d'excellentes observations sur le style, le langage et le caractère
de l'apôtre: nous avons notamment emprunté au travail de Steiger plusieurs des détails qui précèdent.
Ajoutons encore ici quelques réflexions détachées sur la vie de l'apôtre:
1.
Quant à sa famille, tout ce que nous savons c'est qu'il avait une sœur et un neveu, et que ce
dernier demeurait à Jérusalem, Actes 23:16. Il n'était lui-même pas marié, 1 Corinthiens 7:7; cf. 9:5, mais il
maintient à cet égard la liberté dont il aurait pu user comme les autres apôtres: la tradition ajoute, mais
d'une manière incertaine, qu'il fut accompagné dans quelques-uns de ses voyages par Thécla, jeune fille
qu'il avait convertie au christianisme. Il exerçait le métier de faiseur de tentes qu'il avait appris sans doute
dans sa jeunesse, peut-être comme la plupart des rabbins avaient et ont encore l'habitude de joindre à
leurs occupations intellectuelles l'exercice d'un travail manuel: les tentes étant d'un besoin constant dans
les climats chauds, pour les bergers et les voyageurs, comme pour toutes les personnes exposées à
souffrir du soleil ou de la pluie, la profession de saint Paul lui assurait de l'ouvrage aussi souvent qu'il
pouvait le désirer ou en avoir besoin; en outre elle n'était pas extrêmement pénible, et l'apôtre aimait
mieux en général travailler pour se procurer sa subsistance, que de recourir aux dons des fidèles, Actes
18:3; 1 Corinthiens 4:12; 1 Thessaloniciens 2:9; 2 Thessaloniciens 3:8.
2.
Sa conversion, dans laquelle les incrédules ont cherché à faire intervenir, comme toujours, à la
place du miracle, les phénomènes de l'électricité, l'éclair, le tonnerre, la foudre; sa conversion, dont une
explication naturelle ne diminuerait pas l'importance, quoiqu'elle en changeât la nature, nous est racontée
comme l'effet direct de l'intervention divine. On peut supposer que la douceur et la persévérance de ses
victimes avaient déjà produit, sur l'âme ardente et sensible de l'apôtre, l'impression tout au moins d'une
pitié passagère; en les voyant opposer à l'âpreté du fanatisme la confiance de la foi, il avait dû être frappé,
et la férocité barbare qui est toujours la conséquence d'une forte conviction lorsqu'elle est erronée, pouvait
seule soutenir son cœur et son bras pendant qu'il allait ajouter de nouvelles victimes à celles qu'il avait
déjà faites. Un zèle sans connaissance est toujours odieusement persécuteur, et, sur la route de Damas, il
ne fallait rien moins en effet que l'action de Dieu pour dessiller les yeux aveuglés du Juif, ennemi de
l'Église. Mais une fois que Christ se fut fait connaître à Paul d'une manière aussi extraordinaire, il est hors
de doute que toutes ces idées qui étaient restées chez lui comme étouffées dans l'arrière-plan, se
réveillèrent et se présentèrent de nouveau à son esprit pour n'être plus repoussées. Les soins et les
pieuses directions du sage Ananias achevèrent d'éclairer saint Paul, et de changer pour lui la vérité
pressentie en une vérité sentie, comprise et crue. De ce moment, l'ardeur de Paul, toujours impétueuse,
mais purifiée, s'appliqua de toutes les forces de son âme à propager le royaume de Celui contre les
aiguillons duquel il avait d'abord regimbé. Pour une mission extraordinaire comme la sienne, un appel
extraordinaire, une vocation miraculeuse, une consécration comme celle qu'il reçut, n'étaient point de
trop; des baptêmes solennels ont presque toujours inauguré la carrière de ceux qui ont dû être des
lumières dans l'Église, depuis le buisson ardent de Moïse jusqu'à la vision d'Ésaïe, depuis le chemin de
Damas jusqu'à Valdo et Luther.
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