Page 106 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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question, la doctrine de l'inspiration dut être examinée de plus près: le fait fut
reconnu comme vrai de toutes parts; mais des opinions différentes furent
mises en avant quant à la manière d'en rendre compte, et le champ fut ouvert à
la discussion.
Quelques-uns estiment que les livres saints ont été dictés mot à mot par le
Saint-Esprit, tels qu'ils se trouvent dans la langue originale; c'est l'opinion de
Haldane, en Angleterre, celle que M. Gaussen a fait connaître en France par
son livre la Théopneustie.
D'autres, considérant la diversité du style, la liberté des citations sacrées, les
diverses professions des écrivains inspirés, leur position et leur caractère,
trouvent dans ces faits une objection positive contre la théorie de l'inspiration
verbale.
D'autres encore, en petit nombre (Priestley, Burnet, etc.), tout en reconnaissant
que les vérités fondamentales ont été révélées par l'Esprit de Dieu, pensent que
les arguments et les développements sont d'origine humaine. A quoi l'on
répond que c'est compromettre l'ensemble des Ecritures aussi longtemps
qu'une règle sûre n'aura pas établi quels sont les points fondamentaux, et que
cette manière de voir est en désaccord avec les textes qui établissent que la
Bible
est
une
autorité
absolue
en
matières
religieuses.
D'autres encore tiennent pour divines toutes les portions des Ecritures dont les
tendances morales sont notoirement bonnes, mais celles-là seulement; ce
système enlève à la Bible toute autorité et suppose que l'homme peut avoir, en
dehors de l'usage de la Bible, des notions exactes sur ce qui est moralement
bon (Kant).
Une théorie plus moderne et plus rationnelle aussi, celle de Doddridge, de
Wilson et de quelques autres théologiens, consiste à reconnaître divers degrés
d'inspiration: le premier et le plus élevé révélant aux auteurs sacrés des choses
que, sans elle, ils n'auraient jamais pu connaître; le second se bornant à
préserver d'erreur les écrivains sacrés dans l'exposé des doctrines et des faits
qu'ils connaissaient déjà pour les avoir vus de leurs yeux ou entendus de la
bouche de Jésus; le troisième conférant l'autorité divine, en les approuvant, à