Page 701 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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de tout ce que notre bien-aimé Sauveur a dit et fait, mais sont plutôt des
histoires qui décrivent son caractère, ses oeuvres, les principaux événements
de sa vie et la première introduction de la dispensation chrétienne, de même
les Actes ne sont pas une narration complète des travaux de ses apôtres, mais
plutôt un simple exposé de quelques faits confirmant la vérité de la religion
chrétienne et démontrant son pouvoir et ses effets, et une preuve du droit des
Gentils à être admis dans l'Eglise contre les objections que leur opposaient les
Juifs convertis.
Nous avons parlé de Luc, auteur de ce livre, dans la préface de son évangile; les
Actes en sont évidemment la continuation: tous deux sont dédiés à la même
personne, et l'histoire du second est reprise précisément au point où se termine
la première. D'après l'usage fréquent qu'il fait du mot nous, il est évident qu'il
assista à un grand nombre des événements qu'il raconte. Il accompagna Paul
de Troas à Philippe (XVI, 11), et probablement demeura dans cette dernière
ville jusqu'à la seconde visite de l'Apôtre, deux ans plus tard. A cette époque, il
la quitta pour suivre de nouveau saint Paul (XX, 6); et depuis ce moment
jusqu'à la fin du récit, il apparaît comme le compagnon de l'Apôtre. Il le suivit à
Jérusalem, puis à Rome, où il demeura avec lui au moins durant la première
partie de sa captivité, comme cela se voit d'après deux épîtres écrites par Paul
et datées de cette ville (Col., IV, 14. Phil., 24). Comme son nom ne parait pas
dans l'épître aux Philippiens, écrite peu de temps après, on suppose qu'il avait
quitté Rome. Mais à là seconde captivité de Paul à Rome, Luc est de nouveau
auprès de lui (2 Tim., IV, 11).
On ne sait pas au juste où et dans quel temps ce livre a été écrit. Cependant,
comme l'histoire va jusqu'à la deuxième année du premier emprisonnement de
Paul à Rome, et que là elle s'arrête tout-à-coup sans mentionner l'issue de son
épreuve ou sa délivrance, il est à présumer qu'elle fut écrite vers l'an 63; les
paroles qui terminent le récit indiqueraient que l'écrivain était alors loin de
l'Apôtre, et non en communication directe avec lui. On regarde en général
Antioche comme le lieu de la rédaction de ce livre; et l'on suppose, non sans
quelques raisons, que Théophile était un habitant de cette ville.